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Bonjour ma Puce, voilà, bien que levée depuis 5h30 ce matin, je me décide seulement à te faire cette lettre ouverte que je t'avais promise. Il y a quatre ans de cela, je n'avais pas réussi à dormir la nuit, mais alors pas du tout. Et j'ai téléphoné au travail pour signaler mon absence ce 28 juin 2006. Chose étonnante, moi qui mettais la tv au lever depuis ta disparition, je ne l'ai pas fait ce jour là. Et une collègue m'a sonné vers 10h30 pour me demander si j'avais vu les infos. J'ai immédiatement compris que cela ne pouvait que te concerner. De fait, on venait de retrouver un petit corps gisant dans des eaux sales tout près d'où vous aviez disparu Nat et toi. Et c'est ici que ma lettre ouverte commence. Ma lettre ouverte de mes culpabilités, de mes rages, de mes rancoeurs, de mes peines, de ma difficulté encore aujourd'hui à surmonter tout cela! Ce jour là, à ce moment précis, dieu sait si je m'en veux, je n'ai pensé qu'une seule chose "Que ce soit Nat mais pas ma Puce". Je sais c'est horrible, mais c'est tout ce qui m'est venu à l'esprit. Il se trouve que c'était toi! Bien entendu je ne savais pas encore que le petit corps de Nat serait retrouvé dans les mêmes conditions, quelques heures plus tard. Tu vois ma Puce, à ce jour, je n'ai toujours pas remonté la pente. Jamais je n'ai pu, et sans doute jamais ne pourrai, faire mon deuil. Les psy, groupes de soutien, entourage et autre ont beau me dire que je dois avancer, que je ne suis responsable ni coupable de rien, je ne peux pas m'y faire! J'en veux à bien des gens, à moi entre autre! J'en veux d'abord, et bien entendu, au coupable des atrocités commises sur vos petits corps, tellement innocents. Comment un monstre pareil peut il vivre parmi nous sans que personne ne se doute de ce qu'il peut représenter! Pour avoir assisté au procès comme tu le sais, je pense très sincèrement que le bon coupable a été jugé et condamné, mais malheureusement, le mal était fait et plus jamais je ne pourrai voir ton joli sourire, ni entendre ta petite voix. J'en veux, je peux bien l'avouer, 4 ans plus tard, aux personnes que je considère en partie responsables de ta disparition. Mon grand regret est que jamais il n'y aura de de procès, quel qu'il soit, pour la responsabilité des personnes concernées. Et pour cela aussi j'en veux à plein de gens, à ce qu'on appelle la Justice, à la terre entière. Puis j'en veux à moi! Je n'ai pas pu te protéger, comme je te l'avais promis en son temps. Pourquoi n'ai-je jamais demandé un droit de visite après votre départ de la maison ?? Bien sur je sais qu'il y a peu de chance que j'en aie eu un vu que je n'avais aucun lien du sang avec toi, mais peut être que si je l'avais demandé, et surtout obtenu, alors peut être que ce week end là en particulier tu ne te serais pas trouvée à cet endroit à ce moment là. Et si j'avais pu tout accepter dans ma vie, sans doute aussi que tu n'aurais pas été là ce week end là ? Tu vois, toutes ces choses me turlupinent, me tourmentent, jour après jour, nuit après nuit, au point de s'attaquer à mon corps en me donnant tous ces inconvénients de la fibromyalgie. Tu me manques tellement ma Puce, pas un jour ne passe sans que je pense à toi, sans que tu fasses partie de ma journée. Ce jour de tellement triste anniversaire, je l'ai vécu comme il y a 4 ans, avec la même douleur, le même rage, la même tristesse, la même incompréhension. Pourrais-je un jour me souvenir de toi, simplement, sans rancoeur ni peine ni rage ni culpabilité ? On a beau me dire que c'est vers cela que je dois me tourner, je ne suis pas du tout certaine de pouvoir y arriver un jour. Tu m'as tellement apporté au cours de ces deux années passées ensemble! Ai-je pu ou su de mon côté tapporter autant ? Je n'aurai malheurement jamais la réponse! Mais tu me manques à crever ma Puce. Bien entendu, ma vie depuis toi m'a apporté de bonnes choses, mais toi tu étais unique. Ton yeux aussi foncés que la nuit et ton regard illuminé d'étoiles me manques atrocement! ta petite voix douce, je l'entends encore dans ma tête, très très souvent, mais ce n'est pas pareil! Voilà ma Puce. Je tente d'avancer du mieux que je peux mais c'est difficile. Je t'aime ma Puce et je te fais des millions de bisous en espérant que là où tu es, il t'arrive, de temps en temps, de te souvenir de l'Amour qui nous unissait et qui me tient à jamais. Mounette Soyez le premier à commenter cet article | Recommandez (16) | Citez cet article sur votre site | Pages vues: 71 | Version imprimable | Suggérer par mail | Lire la suite... |